Archive | March 2013

L’expérience de Milgram, déresponsabiliser pour mieux contrôler.

Dans ce billet de blogue, je vais parler d’une célèbre expérience réalisée dans les années 60 par le psychologue américain Stanley Milgram.
L’expérience de Milgram, comme on l’appelle aujourd’hui, a été conçue pour évaluer le degré de soumission d’un individu face à un pouvoir, une autorité reconnue et considérée comme légitime pour celui-ci.
Dans le cadre de cette expérience, Milgram demande à des universitaires de participer à un test, supposé d’apprentissage. Les volontaires sont chargés de lire des listes de mots à une personne chargée de retenir ces mots.
En cas d’échec le volontaire doit administrer une décharge électrique de plus en plus forte au sujet. Le volontaire est encadré par un responsable, une représentation de l’autorité qui l’encourage à continuer en le déresponsabilisant.
L’expérience est bien évidemment truquée, le sujet recevant les décharges et le représentant de l’autorité étant des acteurs. Les décharges électriques sont simulées. Le but étant de comprendre les mécanismes qui poussent les gens à obéir devant l’autorité.
En effet, des actions qui pourraient nous sembler immorales en temps normal sont légitimées par l’appel à l’argument d’autorité.
Les résultats de l’expérience indiquent que près de 60% des sujets testés sont prêts à aller jusqu’au bout et infliger 3 décharges de 450 voltes (avec la mention danger) si le représentant de l’autorité leur demande de le faire, en insistant sur la non-responsabilité du sujet.
Le but de cette expérience est de mettre en évidence l’importance de « l’autorité » et de l’obéissance à celle-ci dans la prise de choix des individus. Selon Milgram, en société l’individu renonce en partie à son autonomie pour assumer les choix de l’autorité, allant parfois contre ses propres convictions. L’obéissance devient un véritable danger quand elle se fait de façon aveugle, entrainant un sentiment de déresponsabilisation pour la personne.
On peut constater les dangers de cette obéissance aveugle dans l’histoire.
Que ce soit pendant la Seconde Guerre mondiale, où, pour se défendre certains SS ou soldats ont invoqués l’obéissance aux ordres, comme si le fait d’obéir a un ordre enlever toutes formes de
responsabilité pour ses actions.
Mais aussi, dans un registre moins dramatique, on a tous entendu des phrases comme, « je ne fais que ce qu’on me dit de faire », « j’y peux rien, ce n’est pas moi qui décide »,… Dans une moindre mesure, on assiste à une forme de soumission à l’autorité.
On pourrait se dire que cette expérience, réalisée en 1960, n’est aujourd’hui plus d’actualité. Les résultats seraient alors biaisés par un climat, par une société très respectueuse de l’ordre, de l’autorité, … ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.
Or, quelques soit les pays ou les époques, on constate en reproduisant cette expérience que les résultats sont relativement les mêmes, voir parfois pire. En 2009, sur une chaine Française, Christophe Nick reproduit l’expérience sous forme de pseudo télé-réalité. Résultat, plus de 80% des sujets vont infliger la décharge la plus forte, soit 20% de plus que les résultats « normaux ».
On considère souvent qu’une forme minimale d’obéissance à l’autorité est indispensable pour pouvoir vivre correctement en société, se respecter les unes les autres. Seule la confiance aveugle en cette autorité, quand la responsabilité individuelle n’est plus en question, il y a danger.
Cependant, on peut se demander pourquoi l’obéissance à une autorité est si indispensable. Ne pourrions-nous pas respecter les autres, la « morale » sans devoir passer par une forme d’autorité.

 

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We are the 99%, enfin presque

Cette semaine je souhaite revenir sur une mouvance que nous avons vue en cours la dernière fois, « Occupy Wall Street ». Ce mouvement a commencé en 2011, en plein milieu de la crise économique, près de la célèbre place financière américaine.

L’idée est de protester contre la mainmise des banques et institutions financières sur l’économie mondiale, mais surtout l’influence de ceux-ci sur les politiques, la corruption et les influences néfastes du lobbyisme de masse américain.

Le mouvement américain, comme beaucoup d’autres dans le monde (Indignados, l’équivalent Français, …), veulent changer les règles de la fiance mondiale, ou plutôt en instauré, car le monde de la finance est, a ce jour extrêmement peu contrôlé et réguler. Leur slogan «  We are the 99% » se base sur la répartition inégale des richesses dans le monde où 1% de la population disposent de la majorité des ressources pendant que les 99% autres doivent se partager les restes.

Dans l’ensemble, il est difficile de se dire contre ce mouvement qui semble vouloir promouvoir l’équité et le partage juste des richesses. Cependant, selon moi, même si les valeurs défendues, la volonté de changement, … sont de beaux rêves, cela reste, pour le moment, des rêves. Une douce utopie qui n’est pas encore près de voir le jour.

En effet, ce mouvement aurait un véritable pouvoir, une réelle chance de changer les choses si, comme dit dans le slogan, ils étaient réellement les 99%. Cependant, ce n’est pas encore le cas, même si pour la plupart, comme moi, nous sommes d’accord avec certaines des idées de ces groupes, cela ne signifie pas que nous allons les joindre, les aider ou encore même les soutenir.

Dans notre société l’individualisme est mis en avant depuis longtemps par cela même que critiques aujourd’hui ces mouvements, les politiques, les riches dirigeants, l’école… on nous encourage a être le meilleur et réussir personnellement, notre individualisme est encouragé, exacerbé et c’est la meilleure arme de l’immobilisme ambiant.

On travaille pour se construire son bonheur, se faire son petit monde, et ainsi finir par vivre dans notre bulle, et oublier le monde. Car même si nous faisons partie des 99%, pour la plupart, nous avons internet, la télévision, un frigo plein, des loisirs, et c’est la que la magie s’opère, laisser aux individus mêmes le minimum suffi, dans la plupart des cas, a calmer ses envies de changement et inverser les rapports de forces.

En effet, se battre pour ses droits, pour faire changer la société exige une forme de sacrifice. Sacrifier une part de son argent, du temps, de l’énergie. Qui serait prêt a payé ce prix ? Pas tant de gens que ça au final.

En définitive, les 99% ne sont pas une grande menace pour le pouvoir économique et je doute que les grands patrons aient un tant soit peu peur de ces groupes, au contraire d’une certaine façon, c’est le contraire, on va soutenir ces groupes, peut être faire un don, participer a une manifestation, et après ? Cela suffira peut être à éteindre la petite flamme du petit révolutionnaire en nous, pour retourner a NOS préoccupations, notre « recherche du bonheur ».

Alors 99% oui peut être, mais 99% de combien, de qui ? 

Internet, créateur original de tendances.

Pour ceux qui, comme moi, se promène pas mal sur le web que ce soit sur YouTube, 9gag ou n’importe qu’elle autres sites de ce genre, on constate rapidement qu’il existe sur internet, comme partout ailleurs, des codes et « coutumes ».
Dans ce billet de blogue, je voudrais parler d’internet comme « créateur de tendances ». Il y a de cela encore quelques années, les vidéos de chat sur internet, les meme ou autres tendances du web étaient seulement connues sur le web. Les utilisateurs du web se partagent entre eux les dernières perles du net. Cependant, aujourd’hui, le visage d’internet c’est beaucoup modifié. Tout le monde est sur le net et tout le monde veut participer a sa création, et ce qui autre fois était uniquement connu d’une poignée d’initié, deviens vite mondiale.
Il y a quelques semaines, le phénomène du « Harlem Shake », qu’on ne présente plus aujourd’hui, c’est rependu sur le web. En quelques semaines, YouTube a été inondé de vidéos, plus ou moins amateurs, présentant des Harlem Shake personnalisés. De même, en ce moment, le « goat remix» qui consiste à insérer des cris de chèvres dans des vidéos clips, est repris de mille et une façons sur YouTube.
On assiste à un changement radical dans notre rapport au web et aux contenus virtuels. Alors qu’avant, le web puisait une grande partie de ces contenus dans le « monde extérieur » aujourd’hui celui-ci est, de plus en plus, alimenté par le Net. Plus possible de se déconnecter du web, celui-ci a pris sa place « parmi nous ».

Black Mirror, une série d’anticipation.

Dans ce billet de blogue, je vais parler d’une série que j’ai découverte grâce à mon cours d’Interactivité : Black Mirror.
Le show, est produit par la chaine anglaise « Channel 4 » et compte déjà deux saisons de 3 épisodes. Cette série souhaite montrer comment la façon dont nous vivons aujourd’hui peut influencer le monde de demain. Chaque épisode traite d’un futur possible, d’une réalité différente, dans laquelle on met en avant qu’elle pourrait être les dérives provoquées par les nouvelles technologies, les médias sociaux, …
La série est admirablement bien écrite et réalisé, chaque épisode apporte sont lot de surprise, on rentre facilement dans l’histoire le réalisme de la série est vraiment prenant.black-mirror
Si je veux parler de cette série, en plus du fait que je pense qu’elle mérite d’être connue et vue par le plus grand nombre, c’est pour les questions posées par la série notamment sur le pouvoir des médias sociaux grandissant, la télé-réalité et son aspect pervers et voyeurisme, mais aussi la nécessaire adaptation aux progrès technologiques et les problèmes posés par ceux-ci.
Dans ce billet, je voudrais me concentrer sur un épisode en particulier, 15 million Merits qui met en avant les dangers de la peopolisation, la télé-réalité. L’histoire présente un monde dans lequel le quotidien des personnes est réglé en fonction de la télé, du divertissement. blackmirroéLes individus gagnent des crédits en pédalant sur des vélos d’appartement, avec ces crédits ils peuvent alors consommer toutes sortent d’émission télévisée, toutes plus bêtes les unes que les autres ou encore acheter des vêtements pour leurs avatars virtuels.
Tout est alors fait pour aliéner l’individu, lui faire perdre tous sans du réel, les personnes vivent pour entretenir la société du divertissement que ce soit en pédalant pour faire fonctionner la machine, ou en achetant les produits produite par cette même société.
Le vice est poussé au point que les « travailleurs », vivant des pièces entièrement composées d’écran, se déplacent uniquement via leurs avatars.
Comme on peut s’en douter dans ce type de configuration la publicité est omniprésente, envahissante au point que pour pouvoir s’en prémunir le héro doit payer des crédits afin de pouvoir couper le son ou l’image, seul moyen d’y échapper. blackmirror3

En conclusion, bien que ce monde soit encore loin d’exister, je trouve que les points mis en avant dans cet épisode, mais aussi au niveau du show, font vraiment réfléchir sur l’utilisation de nos nouvelles technologies.
Nos comportements sociaux d’aujourd’hui influenceront ceux de demain.